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C’est le titre du dernier livre d’Yves Roucaute que je viens de terminer. Il m’a profondément marqué, en effet, l’auteur couvre de son regard singulier la période “du Néolithique aux temps contemporains” (c’est le sous-titre) auquel il ajoute : “ou le Génie du Christianisme”.
Le parcours d’Yves Roucaute est lui aussi singulier : partant de l’UNEF et du parti communiste il a ensuite évolué vers le libéralisme économique. Il est le théoricien du néo conservatisme en Europe. Aujourd’hui et notamment à travers ce livre il défend la thèse du parcours de l’incroyable “Puissance d’Humanité “du néolithique aux grandes spiritualités humanistes telles que : le Judaïsme, l’Hindouisme, le Bouddhisme, le Confucianisme, le Shintoïsme, l’Islam mais aussi et surtout le Christianisme et plus particulièrement le Catholicisme (il précise qu’il n’est pas lui-même catholique) dont il relate tout au long de ce livre l’influence extraordinaire sur le monde occidental et partant sur le reste du monde.
Cet ouvrage “savant”, et complètement iconoclaste m’est apparu un peu hermétique au début, mais au fil de ma lecture je me suis laisser entrainer par la thèse de l’auteur (telle que je l’ai perçue) visant à montrer que depuis le début, l’homme a entamer une longue marche vers ce qu’il appelle “l’Aimer”, le “Don sans contre-Don” et la compassion, qui sont le fil rouge de son livre.
Une des étapes importantes pour lui, c’est le Moyen Âge et les “premières lumières” qui selon lui, sont les seules “vraies lumières”, celles de Descartes et des Encyclopédistes étant de “fausses lumières” car elles s’appuient sur des individus et non sur des “Hommes” au sens humaniste du terme !
Il écrit : “ Sans la pensée chrétienne, pont entre l’Orient et l’Occident, comment la puissance d’humanité aurait-elle pu se connaitre et engager les premiers assauts contre le sacrifice humain ?” (allusion aux diverses croyances anciennes qui exigeaient des sacrifices humains). Et plus loin : “ Avec le christianisme, l’humanité se découvre intelligence créatrice, d’un corps enfanté, habitante d’une nation, orientée par l’universel Aimer”.
Bien sûr il y a là une part d’utopie, mais sa démonstration vient en confirmation de la marche des Démocraties occidentales vers plus d’humanisme, plus de liberté et plus de compassion ! Bien entendu ce n’est pas parfait mais la direction est bonne. Et puis le monde semble s’orienter vers notre modèle de gouvernance… voir les pays de l’Est, et maintenant le monde Arabe.
Pour ma part je reste sceptique, mais intéressé par cette magistrale démonstration d’un esprit éclairé et je forme des vœux pour que l’humanité aille ne serait-ce qu’un peu dans cette direction. Alors pourquoi ne pas être un peu optimiste ?
Marcel Cacaud
Ci-dessous la quatrième de couverture de l’ouvrage :
« Ce livre raconte une histoire, il dit les valeurs universelles, l'histoire finalisée, le sens de l'incroyable odyssée de la puissance d'humanité depuis le néolithique jusqu'à nos jours. La clef de cette odyssée, il la trouve dans les grandes spiritualités humanistes : judaïsme, hindouisme, bouddhisme, confucianisme, shintoïsme, islam. Et, plus encore, dans le christianisme. »
cc Je ne suis pas catholique, mais qu'y puis-je si, à chaque découverte de l'intelligence, cette Église apparaît plus admirable encore ? Faudrait-il avoir honte d'une spiritualité qui célèbre sans laxisme depuis des siècles la puissance d'aimer au nom de la puissance d'humanité ? La mode n'est pas de mon côté, le politiquement correct moins encore, seulement la recherche de la vérité. »
Un texte œcuménique, qui piste en même temps que les vraies Lumières, l'itinéraire de ces moines du Moyen Âge qui sauvèrent le savoir antique contre les Barbares, de cette Église qui inventa la gratuité de l'école, les universités, la tolérance, la solidarité sociale, la paix d'humanité. Quelle merveille de voir le soutien chrétien aux sciences, Copernic compris, aux grandes découvertes, à l'Inquisition même, parfois détournée, pour imposer le droit ! Enfin se trouve rappelé l'esprit chrétien de la Renaissance, de l'abolition de l'esclavage, de la délivrance de Dreyfus et de l'opposition à la guerre 14-18...
Et le philosophe ne dit pas seulement le crépuscule des idoles de l'État, du Marché et de la Raison. Contre postmodernes et politiquement corrects, il salue les temps contemporains. Il exige d'aller plus loin, au-delà du juste et des droits, vers la fraternité, le développement durable, la paix d'humanité et la Cité de la compassion.
Une façon de dire l'avènement de l'universel Aimer.
Yves Roucaute est agrégé de philosophie, docteur d'État et agrégé de sciences politiques. Professeur des universités à la faculté de droit de Paris X-Nanterre, ex-membre de cabinets ministériels, il est président du conseil scientifique de l'INHESJ (Institut national des hautes études .de la sécurité et de la justice). Il a publié, entre autres, La République contre la démocratie (Plon), Les démagogues de l'Antiquité à nos jours (Plon), Vers la paix des civilisations (Alban) et La Puissance de la liberté (PUF).